Circuit patrimonial

Le territoire de la seigneurie de Rigaud fut autrefois peuplé par une importante nation algonquine. Les Amérindiens y feront plus tard le commerce de la fourrure avec les Européens. Les peuplades algonquines ont cependant été forcées d’abandonner leurs villages et leurs territoires de chasse à cause des confrontations avec les Iroquois (Iroquiens).

Le premier Européen à explorer le lac des Deux-Montagnes et la rivière des Outaouais fut Samuel de Champlain en 1613. La grande rivière deviendra dès lors le chemin de beaucoup d’explorateurs, de coureurs des bois et de missionnaires. De grands personnages défileront successivement à Rigaud en cours de route :

* Champlain en reconnaissance et en quête de nouvelles explorations;
* Radisson pour y faire la traite des fourrures;
* Pierre de Troyes dit le Chevalier et Pierre Le Moyne d’Iberville en route vers la Baie d’Hudson;
* La Vérendry en route vers les Rocheuses. 

En 1732, Pierre de Rigaud de Vaudreuil Cavagnal (dernier gouverneur de la Nouvelle-France) et son frère Pierre-François de Rigaud obtiennent la seigneurie de Rigaud. En 1762, on effectue un premier essai de colonisation. C’est Michel Eustache Gaspard Alain Chartier de Lotbinière, fils du marquis de Lotbinière qui réussira la première véritable colonisation de Rigaud. Ce dernier fait arpenter 73 terres qu’il distribue à cinq familles : les Séguin, Quesnel, Villeneuve, Chevrier et Gauthier. 

Au tournant du 18e siècle, Rigaud deviendra le relais de tous les bûcherons, draveurs et cajeux. À cette époque, Rigaud comptait déjà 12 auberges. Cependant, à partir du 18e siècle, le métier de cajeux décline avec l’avènement de la navigation commerciale. Rigaud deviendra alors le principal port d’embarquement du bois et du grain en direction de Montréal. Rigaud aura été témoin d’une vie commerciale et économique très dynamique. 

Robert Lionel Séguin 1920-1982
Ethnologue 

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Liste des propriétés

3, rue Bourget 

Cette maison fut construite en 1908 par Monsieur Joseph Lafleur. Son style s’inspire des villas italiennes de la Renaissance. Les murs extérieurs sont en déclin de bois et le bâtiment possède un toit plat avec égouttoir central. Une superbe corniche, sous laquelle nous retrouvons des garnitures décoratives, est située sous l’avant-toit. De plus, une galerie disposée sur deux façades ajoute à la beauté sobre de la maison. 

Nous retrouvons également, sur le toit de la galerie, des garnitures décoratives s’harmonisant avec celles de la corniche. En 1970, la famille Chartrand vendit la maison aux Clercs St-Viateur qui dirigeaient le Sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes. Monsieur Adrien Carrière, actuel propriétaire des lieux, acheta la propriété des Clercs St-Viateur en 1981

7, rue Bourget 

Cette superbe demeure reflète bien l’éclectisme des Québécois. Dotée d’une structure plus imposante que les habitations traditionnelles, cette maison de deux étages possède un toit plat à trois paliers. De plus, une corniche, sous laquelle sont situés des ornements en bois, brise l’austérité des lignes de la bâtisse. Les murs extérieurs de la demeure sont en déclin d’aluminium. On peut apercevoir également une belle galerie longeant la façade qui est parsemée de dentelle qui en orne aussi le larmier. 

Construit en 1888 par M. Archibald de Léry MacDonald, ce bâtiment abrita l’hôtel Villeneuve, anciennement situé au coin des rues St-Pierre et Bourget. M. Euclide Villeneuve y tint la première commission des liqueurs de Rigaud. Cette bâtisse fut achetée par M. Henri Brazeau en 1944. Il relocalisa alors la maison sur la rue Bourget. Pendant plusieurs années, M. Brazeau se consacra dans ce bâtiment à la production de liqueurs douces connues sous le nom de liqueurs Rigo. Plus tard, la demeure fut séparée en deux et les étudiants du Collège Bourget en déménagèrent une partie en attelant des câbles, reliés à des billots, sur lesquels étaient posées les sections du bâtiment. Aujourd’hui, elle offre aux personnes du troisième âge le gîte et le couvert. 

2, rue Hôtel-de-Ville 

Construite en 1925, cette superbe maison de style vernaculaire occupe un site particulier. En effet, cette dernière présente sa façade sur deux rues. On peut y admirer le fronton qui est situé sur le coin de la maison ainsi que la véranda surmontée de colonnes classiques qui confèrent un aspect de grandeur au bâtiment. Si on pose le regard sur le dessus du fronton, on peut voir un fleuron beaucoup plus massif qui donne du volume à cette maison. 

C’est M. Achille Séguin, ferblantier de Rigaud, qui a conçu la toiture de cette demeure. Il s’agit d’une toiture de tôle à baguettes à pente à quatre versants qui possède en diagonale un autre toit à pente situé au-dessus du frontispice. Sur le fronton, on peut aussi remarquer la présence d’une fenêtre de style néo-classique. Les fenêtres du bâtiment sont toutes à guillotine. De plus, on peut apercevoir des motifs ouvragés dans la disposition des briques au-dessus de chacune des fenêtres.

 

6, rue Hôtel-de-Ville 

Cette jolie maison, construite au début du XXe siècle, épouse un style italien. Elle a un toit à pignon en croupe fait de tôle, alors que la galerie est surplombée d’un toit à pignon tronqué qui arbore un fronton très décorée. L’escalier extérieur, est constituée de deux paliers et se termine par une galerie supportée par des solives qui sont jointe au plancher du deuxième étage. Des châssis à guillotine ornent la demeure, qui semble imposante sur cette petite rue. 

Cette demeure est revêtu de blocs décoratifs en ciment, avec des encoignures à corbeaux. Plusieurs édifice de l’époque, sont dotés de ce revêtement. Ce type de blocs provenait de la cimenterie installée à Rigaud par Hyacinthe Robert au XIXe siècle. Fait exceptionnel, cette cimenterie fut la première en Amérique. Cette petite entreprise utilisait les pierres situées dans les rapides du Haut-de-la-chute afin de fabriquer le mélange de ciment. 

16, rue Levac

 

Cette maison fut construite en 1899. Surmontée d’un toit à pignons orné de gouttes à son extrémité, cette résidence reflète bien le caractère expressif des Québécois. Les lucarnes à pignon rehaussées de gouttes et de garnitures pittoresques ajoutent à la beauté du bâtiment. Des volets, des crochets de contrevent et des fenêtres doubles à battant témoignent d’une construction bien adaptée à la rigueur des hivers québécois. 

Cette superbe résidence fut construite par M. Sidné Robert qui l’érigea en utilisant les matériaux de l’ancien presbytère. Il avait acheté le pavillon, du premier plancher jusqu’au toit, pour 2 300$. Suite à la vente, la Fabrique tenta alors, mais en vain, de sortir son coffre-fort de la bâtisse. En défaisant le presbytère, M. Robert s’appropria donc le magot sacré, ce qui ne fit pas l’affaire du curé et des marguilliers. On dut longtemps pourparler. Mais pour qui connaissait M. Robert, l’arrangement n’était jamais facile. Les négociations s’éternisèrent tellement qu’on ne sut pas le dénouement de l’histoire. 

La maison fut également habitée par M. Joseph-Oliva Levac qui fut maire de la ville de 1927 à 1933. 

5, rue Saint-Anselme 

Maison Donald McMillan 
Cette maison fut construite en 1862 et 1863 pour M. Donald McMillan, marchand. Typiquement québécoise, la résidence, exceptionnellement faite de briques, est surmontée d’un toit à pignons à deux versants dont le larmier à quatre faces recouvre entièrement la galerie. Disposées de façon symétrique, les lucarnes à pignon avec saillie du toit et les fenêtres à battant ornées de linteaux de pierre reflètent très bien la tradition architecturale québécoise. 

La rue McMillan doit son nom au propriétaire de cette magnifique demeure. M. Donald McMillan fut élu conseiller de la paroisse lors de la toute première élection populaire à Rigaud qui eut lieu suite à l’adoption de la Loi Metcalfe sur l’érection civile en 1845. Il y siégea de 1845 à 1855. C’est dans cette demeure qu’habita aussi M. Albani Quesnel, historien local, qui poursuivit la collection d’archives de M. Léry de MacDonald qui avait acquis en 1897 la seigneurie de Rigaud. En 1951, on transforma la résidence en colonie de vacances. Par la suite, on convertit le centre en hospice pour personnes âgées qui porta le nom de " Foyer du Christ-Roi " dont le premier pensionnaire fut M. Herménie Rochon. 

92, rue Saint-François 

Cette construction de la fin du XIXe siècle, est de style Second Empire. Ce style particulier était très prisée des habitants de la Nouvelle-Angleterre et des provinces de l’Atlantique. Dotée d’une toiture mansardée à deux versants, on remarque en façade trois lucarnes à fronton, alors qu’à l’arrière il n’y en a qu’une seule. Dans les pignons de la toiture, des consoles ouvragées supportent les bordures du toit. On remarque aussi des amorces de fronton de style Renouveau Classique. 

À la gauche, on peut voir des fenêtres à guillotine et dans le haut deux ouvertures en forme de lancette. Les galeries de la demeure sont dotées d’imposte supportés par des colonnes à garniture décoratives. Nous remarquons les briques disposées en éventails au dessus de chacune des fenêtres, qui brisent la monotonie et qui ajoutent une touche artistique au bâtiment. La maison repose sur des fondations de maçonnerie brute. 

100, rue Saint-François 

Notaire Phaneuf 
Cette maison de pièce sur pièce était pourvue autrefois d’un toit à pignons et une moitié de la demeure servait de remise. Aujourd’hui, elle épouse le style Second Empire. Cette demeure fut construite en 1864 pour le notaire Clet Raizenne. Elle fut complétée en 1875 et modifiée avec une toiture mansardée avec des amorces de frontons des lucarnes, dont le bout est encore doté d’une goutte. Ces travaux furent commandés par le deuxième notaire à l’habiter, maître Antoine Phaneuf. Nous pouvons remarquer trois lucarnes à fronton ainsi que des chaînes d’encoignures à corbeaux qui ornent les murs.

 

102, rue Saint-François 

Prospère Pas-de-barbe (Armand Poirier) 
La partie principale de cette maison, construite en deux sections, fut érigée en 1875. La façade de cette première section comprend la porte donnant sur la rue, tandis que l’autre partie, érigée en 1879, est constituée par l’aile à pignon sur rue qui possède un autre pignon central du côté ouest. Cette demeure rappelle le style néo-renaissance, nous pouvons remarquer que les chapiteaux de colonnes ont des éléments décoratifs très élaborés. Le toit est recouvert de tôles plates superposées en diagonale et comporte deux lucarnes à pignon avec retours. Les fenêtres sont coiffées de fronton et le carré de maison est recouvert de planches embouffetées de deux pouces. Les fondations apparentes sont faites de pierres plates cimentées. 

Cette maison appartenait à Prospère Chevrier, dit Pas-de-Barbe pour le différencier de son homonyme appelé Prospère Plein-de-Barbe, fils de Cyprien. 

11, rue Saint-Jean-Baptiste

Construit en 1923, le carré de la maison, d’inspiration georgienne, est de tradition anglaise. Cette demeure, coiffée d’un toit à croupes à pente moyenne, est dotée d’une magnifique véranda située en façade qui est de style italien. Les colonnes romanes ajoutent à l’aspect massif de la devanture du bâtiment. L’avant-toit qui contourne la maison rappelle beaucoup le style Regency. 

En avril 1974, on creusa une tranchée pour l’installation d’une nouvelle conduite d’eau. Lors des travaux, on découvrit dans le sol de vieilles fondations de maçonnerie brute (pierre, chaux et sable) de 4 pieds d’épaisseur. S’agit-il des vestiges de l’hôtel appartenant à M. Cajétan Fournier qui tenait à cet endroit un commerce ou ceux d’une demeure plus ancienne? Seule l’histoire le sait! 

15-17, rue Saint-Jean-Baptiste

Construite en 1923, cette demeure de tradition anglaise emprunte à plusieurs styles d’architecture. Le carré de la maison est d’inspiration georgienne, alors que la véranda est de style italien. Cette demeure est coiffée d’un toit à croupes à pente faible fabriqué de tôle à baguettes. L’avant-toit, qui fait le tour de la maison, rappelle davantage le style Regency.

Ce bâtiment fut autrefois une résidence et M. Bernard Lalonde y vendait, vers le milieu des années ’50, des plaques d’immatriculation d’automobiles pour le gouvernement provincial. La vente s’effectuait dans le salon situé au rez-de-chaussée.

35, rue Saint-Jean-Baptiste

Maison John Fletcher
Cette maison fut construite par M. John Fletcher en 1850. De style typiquement québécois, la résidence au revêtement extérieur exceptionnellement en brique est surmontée d’un toit à pignons à deux versants dont le larmier à quatre faces recouvre entièrement la galerie. Les lucarnes à pignon avec saillie du toit ornées de superbes fleurons ne font qu’ajouter à la magnificence du bâtiment. La porte avant à fenêtres latérales et le linteau des fenêtres témoignent également des éléments particuliers que les Québécois aiment ajouter aux constructions plus anciennes. 

C’est dans cette demeure que se tinrent, dès 1856, les premières rencontres du conseil municipal suite à l’adoption de la Loi des Municipalités. M. Fletcher fut maire de la paroisse de Rigaud de 1875 à 1878.

 

38 B, rue Saint-Jean-Baptiste 

Cette maison d’influence américaine fut bâtie en 1876. Sa construction reflète bien les caractéristiques architecturales empruntées à nos voisins du sud. Des lignes simples, un toit en mansarde à deux versants avec larmier, des lucarnes à pignon avec faible saillie du toit, une galerie couverte et une modeste ornementation la distinguent des structures plus élaborées des styles québécois, anglais et français. 

Cette résidence appartenait à M. Henri Séguin, marchand-tailleur. Il y exerça son métier de 1908 à 1944 en tenant une mercerie pour hommes. Cette résidence fut également le premier local de la Caisse Populaire de Rigaud. 

73, rue Saint-Jean-Baptiste 

Cette maison, qui fût construite au début du siècle, emprunte à deux styles d’architecture. Le style Regency, est présent dans la disposition de l’avant-toit et des galeries. Le style Renouveau Classique, quant à lui est représenté dans la section qui fait pignon sur rue et dans les moulures qui ornent les bordures du toit. 

Le toit à pignon à pente raide est disposé en forme de croix. La toiture qui fait face à la rue nous montre deux lucarnes à pignon, avec retour. Une autre lucarne est située sur l’autre toiture, à la gauche de la demeure. La demeure est recouverte de bois en déclin, sauf sur les murs de pignon où les planche sont disposées verticalement. Les colonnes qui supportent les toits des galeries, sont surmontées de larges chapiteaux aux motifs très ouvragés. 

Cette maison est dotée de châssis à battant qui sont d’origine. On peut aussi remarquer les deux cheminées qui sont orientées aux extrémités des deux sections du bâtiment et qui permettait autrefois, une meilleure diffusion de la chaleur dans les pièces. Ce type d’architecture était très utilisé à la fin du siècle dernier et est inspiré. 

C’est dans cette demeure qu’est né Robert Lionel Séguin 

30, rue Saint-Pierre 

Cette maison fut construite sur un terrain situé au coin des rues Bourget et St-Pierre en 1908 par Monsieur Arthur Mercier. Son style d’architecture s’inspire des villas italiennes de la Renaissance. Nous retrouvons sur les colonnes de la galerie des chapiteaux aux motifs très décorés s’harmonisant avec les garnitures de la corniche. À remarquer, la superbe porte-fenêtre de l’entrée principale. 

De 1908 à 1926, la résidence fut la propriété de M. Adrien Charlebois, arrière-grand-père de Robert Charlebois, célèbre chanteur québécois. Après avoir acheté la propriété du Collège Bourget, M. Doriva Chartrand fit déménager la maison sur son site actuel à l’été 1956. Le 24 octobre 1985, M. Eugène Thauvette s’en portait acquéreur. Il redonna à la maison sa beauté d’antan en y entreprenant plusieurs restaurations. A l’été 1997, les réalisateurs de l’Ombre de l’Épervier, télésérie populaire, sélectionnaient cette magnifique propriété pour filmer plusieurs scènes de l’émission. 

65, rue Saint-Pierre 

Le collège Bourget fut fondé en 1850 par le curé Joseph Désaultels qui occupait aussi le poste de président de la commission scolaire. C’est sur recommandation de Monseigneur Ignace Bourget, évêque du diocèse de Montréal, que le curé Désaultels entrepris de transformer l’ancien hôtel Riel, située sur la rue St-Antoine, en collège. C’est sous la responsabilité des Clercs St-Viateur, arrivés de France en 1847 et établis à l’Industrie (aujourd’hui Joliette), que les activités d’enseignement débutèrent. 

Le bâtiment actuel, de style second empire, fut érigé sur la rue St-Pierre en plusieurs étapes. La première construction fut inaugurée en septembre 1857 sur un terrain cédé aux Clercs de St-Viateur, par Charlotte de Lotbinière Bingham. L’aile Michaud, située à l’est de l’entrée principale a été construite en 1904. Cette partie, suite à un incendie, fut reconstruite en 1974 en conservant que les murs extérieurs. L’aile Chouinard, perpendiculaire à la rue St-Pierre, date de 1873. Cette dernière fut démolie en 1939 et remplacée par une chapelle et un auditorium. D’autres ailes furent ajoutée, respectivement en 1924 et en 1929. Le pavillon Querbes, quant à lui fut érigé en 1960 e on y ajouta une chapelle et un petit auditorium en 1963. Finalement, l’aréna (1963) et le gymnase et la piscine (1973) complétèrent le campus du Collège. 

Au fil des années, plusieurs programmes de formation ont été dispensé. De cours classique en collaboration avec l’université Laval dès 1884, au cours scientifique et commercial avec l’université de Montréal en 1922, aujourd’hui cet établissement d’enseignement de réputation nationale donne une formation de niveau secondaire et offre aussi, depuis 1996, des cours de cinquième et sixième année du primaire. 

68, rue Saint-Pierre

Cette maison, sise au 68 rue St-Pierre, est l’ancien manoir seigneurial de Rigaud. Construite en 1830, elle s’inspire du style québécois. Des cheminées encastrées dans les murs de pignon, des fondations de pierre de 3 pieds d’épaisseur et un toit en pente sont autant d’éléments typiques des constructions québécoises du début du XIXe siècle. Une dentelle de style néo-renaissance orne les lucarnes et les lignes horizontale et verticale du toit. Le même motif de dentelle se retrouve dans les chapiteaux des colonnes de la galerie. 

Un balcon à fronton est visible sur la façade de la maison. Celui-ci est encadré par quatre fenêtres à doubles vantaux, toutefois la fenêtre de droite est postiche. Le fronton, avec ses boiseries de dentelle, s’inspire de la fleur de lys. L’ensemble des décorations s’inspire de l’époque victorienne. 

En 1897, M. Archibald de Léry MacDonald fit l’acquisition de la Seigneurie de William Bingham, fils du Sénateur Bingham de Philadelphie et beau-frère du célèbre Lord Ashburton. Après le départ de M. Bingham pour la France, cette maison fut habitée par M. Stéphen Fournier, agent fondé de procuration de la Seigneurie. M. Fournier fut le premier maître de poste de Rigaud. La demeure appartient aujourd’hui à Mme Raymonde Daigneault. 

73, rue Saint-Pierre

Construit en 1933, ce merveilleux bâtiment possède plusieurs caractéristiques de style roman dont les arches placées au-dessus des fenêtres qui sont encastrées dans la pierre. L’élément majeur de cette construction est une tour de style roman située à la gauche de l’édifice. Quant à la section avant du bâtiment avec la véranda, elle fut construite en 1899. Le faux toit sur cette partie, inspiré du style Boom-toon, est orné d’un frontispice très décoré. Les Soeurs de Ste-Anne firent l’acquisition de l’édifice en 1933 et c’est l’entrepreneur-constructeur Wilfrid Lalonde qui exécuta les travaux d’agrandissement. Aujourd’hui, on y retrouve encore les châssis à guillotine. 

Cette maison fut cédée en 1933 aux Soeurs de Ste-Anne par le curé Pilon de L’Orignal pour la somme de 6000 $. Deux années plus tard, l’agrandissement vint en quintupler la valeur. Des milliers de garçonnets y firent leurs études primaires. Aujourd’hui, cette magnifique résidence, qui n’a rien perdu de son style, sert de maison de repos pour les religieuses à la retraite.

 

75, rue Saint-Pierre 

Ce bâtiment de style Second Empire fut construit en 1888 et 1889. Le toit en mansarde à larmier, qui reflète la particularité de cette architecture, se déploie sur quatre versants. Le plan de type pavillon intègre une tour centrale à crête dont la lucarne victorienne abrite des statues de Ste-Anne et de Marie. Les lucarnes à fronton traduisent bien la géométrie présente dans ce style. Les fenêtres à chambranle de pierre surmontées d’un linteau, parfois renforcé d’une clef, et les chaînes d’encoignure à corbeaux accentuent le caractère monumental de l’édifice. En 1925, une annexe, qui respecte le style architectural d’origine ainsi que les matériaux qui recouvrent les façades tels que la pierre de taille, furent ajoutés au pavillon central. 

Depuis sa construction, le magnifique bâtiment a eu plusieurs vocations. De 1935 à 1948, le couvent fut affilié à l’Université de Montréal et dispensa le cours Lettres-Sciences. De 1948 à 1966, l’établissement devint l’École Normale Esther Blondin et forma des institutrices qui obtenaient les brevets B et C. Puis, en 1967, il devint la résidence des étudiantes du Collège Bourget de niveaux IV et V. Il fut la propriété des Sœurs de Ste-Anne jusqu’en 1994. Aujourd’hui, l’établissement est une résidence pour personnes âgées. 

76, rue Saint-Pierre 

Cette maison sise au 76 rue St-Pierre nord fut construite par M. Émile Coole en 1870. Cette maison de style québécois, dont les murs extérieurs sont recouverts de briques, possède un toit en pente à larmier typique des maisons québécoises de l’époque. On peut apercevoir des lucarnes à pignon, avec saillie du toit, qui sont surmontées de garnitures décoratives. Une galerie s’étalant sur toute la façade complète l’aspect physique de la maison. 

Monsieur Joseph Lalonde, connu sous le nom de "Petit Seigneur de l’Ile Perrot", a déjà habité cette maison. Monsieur Gilles Lauzon, serrurier et propriétaire de la demeure, acheta cette dernière de Mme Gérard Sabourin le 7 mars 1974. 

78, rue Saint-Pierre

Maison du sénateur Boyer 
Cette maison est encore connue aujourd’hui sous le nom de " maison du sénateur Boyer " parce qu’elle fut longuement habitée par monsieur Gustave Boyer, maire de la ville de Rigaud, député fédéral et par la suite sénateur. Construite en 1883 par Laurent Thivierge, elle épouse le style anglo-normand (Regency). Le pignon à pente douce a un perron-galerie à larmier imposant et deux pignons à pente raide en forme de croix, hors centre. Les deux lucarnes originales furent remplacées par deux tourelles de style néo-Queen Anne commandées par le sénateur. La troisième lucarne existe toujours au milieu, elle abrite une fenêtre à doubles vantaux avec trois ouvertures circulaires dans les gueules-de-loup. Notez que chaque vantail a trois carreaux à petits bois et possède un jet d’eau à la base. Les garnitures des pignons et des fenêtres sont empruntées au néo-gothique et sont très élaborées, de plus on peut apercevoir un œil-de-bœuf au-dessus de la fenêtre du pignon de façade. 

Autrefois, un mur était présent du côté ouest de la demeure. Il fut construit sur toute la longueur et la hauteur du bâtiment par le voisin qui trouvait que les deux maisons étaient trop proches l’une de l’autre. 

101, rue Saint-Pierre 

Maison de Maurice Bertrand, fils d’Honoré 
Cette maison fut érigée en 1891 par Théodule Charlebois. Le toit en appentis s’égoutte par l’arrière grâce à une pente légère qui est camouflée par un muret rectiligne postiche. Sa forme carrée arborant des corniches à supports à gouttes rappelle le style italien des années 1870. Les deux façades symétriques accusent une légère différence: la galerie vers la gauche se termine sur une véranda d’entrée tandis qu’à la droite, elle nous mène à un boudoir avec baie. La portion centrale de la maison, construite en premier, était entourée d’une galerie à chapeau supportée par des colonnes, des chapiteaux et des garnitures généreusement travaillées. Les parties ouest et est furent ajoutées lors d’agrandissements subséquents. 

Cette propriété a déjà appartenu à M. Antonio Bussière qui a occupé le poste de maire de Rigaud et qui était le propriétaire du journal L’interrogation. Les bureaux du journal étaient situés à l’arrière de la maison. 

102, rue Saint-Pierre

Édifice Robert Lionel Séguin 
Cette maison fut construite en 1834. Plusieurs éléments reflètent le caractère georgien de cet édifice. Premièrement, les deux étages et demi du bâtiment se conforment à une tradition anglaise, de plus la toiture à croupe, avec autrefois ses cheminées en diagonale du toit et ses lucarnes, respecte une symétrie typique du style georgien. La porte d’entrée, pourvue d’un imposte en éventail, est couronnée d’un fronton classique soutenu par des colonnes. 

Cette demeure remplit plusieurs fonctions. De résidence privée, appartenant au sénateur Lawrence Wilson, à bâtiment multi-fonctionnel pour la municipalité de Rigaud, cet édifice servit aussi d’école pour la commission scolaire de Rigaud, de salle de théâtre et d’hôtel de ville pendant de nombreuses années. M. Wilson fit don de cet édifice à la ville de Rigaud en 1928. Aujourd’hui, l’immeuble abrite la bibliothèque municipale ainsi que diverses associations et organismes, on peut y voir dans le sous-sol une cellule qui servit autrefois de cachot aux malfaiteurs. 

107, rue Saint-Pierre 

Maison Durochers 
Cette maison fut construite en 1873. Sa façade couronnée d’une mansarde à motif d’écaille et son toit plat à niveaux rappellent bien l’architecture citadine d’influence néo-renaissance. À la tête de la porte et des fenêtres supérieures sont appliqués de magnifiques frontons à fleurons ornés de gouttes et de garnitures d’inspiration Louis XIV et Second Empire. La toiture est décorée à sa base par une discrète frise gravée de palmettes. L’ornementation dont est paré le bâtiment reflète très bien les goûts particuliers du propriétaire de l’époque. 

Cette maison fut construite par M. Joseph Durochers alors teneur de livre pour M. Jean-Baptiste Mongenais, maire de la paroisse de Rigaud. Un soir, M. Durochers fut assommé par un coup de garcette qui faillit le tuer. Tout ce drame, dit-on, eut lieu à cause des élections. L’agresseur était en fait le frère d’un des candidats qui se présentaient à la mairie contre M. Mongenais. 

125, rue Saint-Pierre 

De style pittoresque, cette demeure, construite en 1856, reflète bien les goûts particuliers des anciens propriétaires. Des lambrequins bordent l’ensemble de l’avant-toit et les chapiteaux des colonnes sont ornés de frises qui constituent une variante du style néo-gothique. Alors que le carré de maison et la toiture arrière rappellent davantage la tradition canadienne, le côté gauche de la demeure s’inspire du plan pignon sur rue. 

Bâtie par M. Jean-Baptiste-Amédé Mongenais, qui l’habita jusqu’en 1899, cette maison sert aujourd’hui de commerce et est occupée par la Boutique Rigaud. M. Mongenais fut maire de Rigaud à trois reprises. D’abord résidence, ensuite bureau de médecin, cette demeure logea également un commerce d’accessoires électriques. 

133, rue Saint-Pierre 

La rue St-Pierre a toujours été une rue commerciale d’importance à Rigaud, comme en témoigne cette construction de 1923, réalisée par MM. Auguste et Saul de Repentigny. Autrefois, cet édifice commercial a logé la Banque Canadienne Nationale, anciennement Banque d’Hochelaga, qui occupait auparavant les locaux où se trouve aujourd’hui l’imprimerie Maurice. Présentement, le bâtiment accueille les bureaux du notaire Yves Piché. 

D’inspiration anglaise, cet édifice de deux étages et demi possède un toit à croupes à quatre versants où on peut apercevoir une lucarne à une pente. On peut aussi admirer le travail réalisé au-dessus du dormant des fenêtres, où on remarque des briques disposées en éventail. Cette particularité architecturale était souvent utilisée au début du siècle pour donner un cachet plus stylisé aux façades plutôt symétriques. Des auvents ajoutent aussi à la beauté de cet établissement. 

168, rue Saint-Pierre 

Ancien bureau de poste 
L’ancien bureau de poste fut érigé en 1910 à l’endroit où se trouve présentement le pont. En 1938, ce bâtiment fut déménagé à son emplacement actuel afin de permettre la construction du nouveau pont. C’est une bâtisse à toit plat avec une corniche de façade de style Boom-toon. Les deux portes d’entrée sont surplombées d’impostes soutenues par deux consoles appliquées au mur. Les fenêtres à guillotine ont des chambranles en pierre usinée. Une horloge à quatre faces loge dans une tour de style néo-renaissance. 

A l’époque où le bâtiment abritait la bibliothèque municipale, le mécanisme de l’horloge fut réparé grâce à la collaboration des deux conseils municipaux de la paroisse et de la ville de Rigaud ainsi que de l’actuel propriétaire.

 

Église Sainte-Madeleine de Rigaud 

Ce superbe bâtiment d’influence italienne et néo-classique, construit en 1919 et 1920, témoigne du caractère éclectique de l’architecture religieuse québécoise du début du siècle. Les portes surmontées d’arcs vitrés et les fenêtres à chambranle de pierre arquée avec linteau à clef de voûte témoignent de l’aspect géométrique et de la taille monumentalité de l’édifice. Les parements des murs extérieurs imitent la maçonnerie écossaise et la façade est faite de granit rouge extrait de la montagne de Rigaud. 

La paroisse doit son nom à la patronne de l’épouse du seigneur de Rigaud, Louise-Madeleine de Léry. En 1801, une desserte fut constituée et on érigea un presbytère-chapelle. Après quelques années, la population ayant considérablement augmenté, certains manifestèrent le désir d’avoir une église plus commode et plus vaste. En 1820, sous l’administration du curé de La Broquerie, on érigea donc la première véritable église. Cette église de pierre, magnifiquement ouvragée, était de style régime français. L’église actuelle, construite sous l’administration du chanoine Primeau, fut érigée selon les plans des architectes montréalais Gauthier et Daoust. Les travaux furent exécutés par MM. Bélanger et Bisaillon. On ne conservera de l’ancienne église que le rond-point du chœur. 

Statue du Sacré-Cœur de Jésus 

La première statue fut dévoilée en juin 1901 par les marguilliers de la paroisse, répondant au souhait de Mgr Émard, évesque de Valleyfield. Cet événement coïncida avec la cérémonie de commémoration du centenaire de la fondation de la paroisse Ste-Madeleine de Rigaud. Cette statue, ayant coûté 207,57$, mesurait 7 pieds de haut et était assise sur un socle de pierre de 6.5 pieds de hauteur, elle était faite de ciment romain. Résistant difficilement aux intempéries, elle fut remplacée par une autre statue en or-bronze qui fut bénite en 1918 devant 1500 personnes. 

Elle se situait, à cette époque, sur la rue St-Pierre à la bifurcation des deux routes qui descendaient vers l’ancien pont. En 1938, le déménagement de l’ancien bureau de poste à son emplacement actuel, rendu nécessaire afin de construire le nouveau pont, entraîna le déplacement de la statue en face de l’église. Immédiatement après la guerre, soit en 1947, un parc y fut aménagé. Le coût des travaux fut défrayé par une souscription qui rapporta la somme de 8 718,53$.